La sieste, jusqu’à quand?

Ça y est, votre enfant est debout sur son lit, refusant clairement de faire la sieste. Rien de surprenant. Laurence Pernoud, journaliste et auteure de plusieurs ouvrages sur la parentalité, écrivait il y a quelques années: «Vers 2,5 ans, il faut s’attendre à un refus de l’enfant de faire la sieste. C’est sa manière à lui de s’affirmer. Or, huit heures de sommeil nocturnes ne suffisent pas. Il doit obligatoirement se reposer pendant la journée.»
Se reposer ne veut pas dire dormir
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Florence Saul est coach parentale. Que pense-telle de la sieste? «Pour moi, on ne peut pas obliger quelqu’un à faire la sieste. Les enfants, c’est comme les adultes, il y a de gros dormeurs, de petits dormeurs et ils n’ont pas tous besoin de dormir.»
Prenant le temps d’expliquer, elle ajoute qu’«avec nos rythmes de vie et l’amplitude horaire tellement grande de nos journées, faire une petite sieste ou, en tout cas, un temps calme après manger, permet de reprendre un petit peu d’énergie lorsque la fatigue apparaît. Ce temps de repos qui n’est pas forcément du sommeil permet de faire diminuer la tension et de retourner vers des apprentissages quand les enfants sont scolarisés. Ce qui compte, c’est de cesser les activités plutôt physiques, mais c’est impossible pour moi de forcer un enfant à dormir.»
Et Florence Saul, qui est aussi maman de trois enfants, d’ajouter: «Je l’ai bien constaté avec mon aîné, quand il est arrivé à l’âge où il n’avait plus envie de faire la sieste. Pourtant, je voyais bien les signes de fatigue: il pouvait se frotter les yeux, il bâillait, son attention baissait, ou il avait le regard vide. Ou encore, il pouvait avoir un comportement difficile, être irrité ou énervé. Au même moment, j’ai découvert que la sieste n’était pas obligatoire dans son école. Ce qui était mis en place, c’est un temps de repos. Et si un enfant ne dormait pas, il pouvait sortir du dortoir et regagner l’espace dans lequel il pouvait pratiquer une activité calme, comme lire un livre, écouter une musique, écouter des histoires, regarder des images…».
Des enfants à l’écoute de leurs besoins
Ainsi, l’alternative à la sieste, pour un enfant qui estime ne pas avoir besoin de dormir, serait pour Florence Saul, «un temps d’activité calme qui va le conduire naturellement vers le sommeil s’il en a besoin». Elle explique: «Souvent, les enfants, quand ils sont dans ces conditions de calme, peuvent être plus à l’écoute de leurs besoins. Et au bout de quelques minutes, si nous voyons qu’ils ont des signes de fatigue, on peut leur proposer à nouveau de faire une sieste. Et s’il n’en ont pas besoin, ce temps de calme va leur suffire pour reprendre l’énergie dont ils ont besoin pour le reste de la journée.»
