Chronique: Mes chères to-do lists

Ah, les to-do lists, ces boussoles quotidiennes! Je les aime car elles me cadrent, me guident et me vident la tête du stress et de la peur d’oublier. Mais elles sont aussi un peu tyranniques, et la Madame to-do list que je suis l’a bien compris avec le temps.
Je couche tout quotidiennement sur papier (enfin, sur mon portable) et vois comme un défi d’arriver au bout de tous ces points d’ici la fin de ma journée. J’y mets de jolis émojis colorés, entre tâches ménagères, téléphones à faire, prendre un bain, aller en commissions ou faire un gâteau, tout y passe. Et d’une manière ou d’une autre, j’avance et me laisse porter par la satisfaction de biffer une chose après l’autre.
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Mais alors que je cochais l’autre jour la dernière case de ma énième to-do list, je me disais: cette histoire, c’est sans fin! Je pensais déjà aux choses à faire du lendemain. Et j’ai eu une prise de conscience: une to-do list n’est pas une liste de haut en bas. En réalité, elle est circulaire. Elle est réellement sans fin. «C’est l’histoooire de la vie, le cycle éterneeeeel…»
Cette prise de conscience a le pouvoir d’être terriblement déprimante (et je suis certaine que beaucoup ont pris conscience de cette réalité depuis longtemps!), mais elle m’a fait du bien. Si la to-do list est circulaire, cela veut dire que je peux m’arrêter à n’importe quel moment. Après une, deux, trois tâches, peu importe. Les tâches et les choses auxquelles penser viendront s’ajouter les unes après les autres en permanence de toute façon.
Si j’attends la fin de la liste pour ressentir de la satisfaction, elle sera inévitablement de courte durée (voire impossible ce jour-là). Mais si je vois cette liste comme une chose circulaire, cela me donne la possibilité de m’écouter un peu plus, de lâcher la pression de l’efficacité à tout prix, de discerner quand il est bon de renoncer, de reporter et de choisir d’être satisfaite de ce qui a été accompli ce jour-là. Développer l’art de me réjouir du petit bout du cercle parcouru!